La Sioule au fil de l’eau
La Sioule: de l’éveil des volcans aux gorges sauvages.
Bienvenue dans un voyage au fil de l’eau, au cœur de l’une des rivières les plus secrètes du Massif Central. Née de la rencontre entre la roche volcanique et les nuages du Puy de Dôme. La Sioule ne se contente pas de traverser le paysage, elle le sculpte. Dans ce récit, nous allons suivre son cours depuis sa naissance. Pour la suivre jusqu’au moment où elle rejoint le Sioulet au niveau du barrage des Fades.
Une naissance en altitude
Tout commence au niveau du Lac de Servières à 1200 mètres d’altitude. Sur les pentes du Mont Dore, La Sioule n’est encore qu’un simple filet d’eau. Bien timide, elle serpente à travers tourbière et pâturages d’estive. Ainsi, c’est le profil d’une rivière de montagne, pure et glacée, qui va tailler des endroits exceptionnels en grandissant
Le Lac de Servières: un point de départ ou un simple réservoir d’eau ?
Même si il n’est pas pas encore certain que la Sioule naisse du Lac de Servières. Ce site mérite que l’on s’y arrête un petit moment.
Le lac de Servières est un Maar, ou lac de cratère, formé de la rencontre en la lave et l’eau. Situé à 1200 mètres d’altitude, il est né il y a environ 30 000 ans. Il a une superficie de 15,5 hectares pour une profondeur de 26 mètres. Pour en faire le tour, comptez 50mn afin de faire les 2 kilomètres. C’est dans ce sol volcanique , riche et surtout poreux que les premières gouttes de la Sioule s’infiltrent. Avant de ressurgir quelques dizaines de mètres plus bas sous forme de sources. L’eau qui s’échappe du Lac de Servières est d’une clarté exceptionnelle protégée par un environnement préservé. Ce site fait partie d’un « Espace Naturel Sensible »
Une réputation qui n’est plus à faire
La réputation du Lac Servières est connue pour ses truites fario et ombles chevaliers. A noter que la pêche y est autorisée suivant une législation très stricte. https://www.peche63.com/lac-de-servieres
Il faut noter que ma balade, je l’ai débutée avec un Lac qui débordait. Ce qui m’a permis de suivre de plus près la Sioule. Donc, la zone de « débordement » du lac se trouve au nord de celui-ci, au niveau de la passerelle en bois. Les photos suivantes nous montrent l’endroit précis.

On peut y voir une petite retenue d’eau, où un ruisseau se forme et dévale dans des tourbières.


Ce qui sort du Lac de Servières


C’est dans ce paysage auvergnat que le ruisseau de la Sioule se forme et peut être aperçu. En effet, c’est entre tourbières et granit que se rejoignent différents petits filets d’eau qui vont former la Sioule.
La source officielle selon IGN
Officiellement, la source de la Sioule se trouve en dessous du Lac de Servières à 1140 mètres d’altitude. Située en aval d’une source captée, on la retrouve à l’air libre au milieu du bois comme la carte nous le montre ci-dessous.

Une source bien cachée et discrète
Il faut dire que c’est après un peu de recherche, et muni d’une bonne carte IGN, qu’on parvient à trouver la source « officielle ». Elle apparait discrètement sous un enchevêtrement de branches de sapin.

Une ramification de petits ruisseaux
Naissant en sous-bois, sur les flancs du volcan abritant le Lac Servières, la source est vite rejointe par de nombreux petits filets d’eau. Il faut noter que ces petits filets proviennent des marécages, des pâtures mais surtout des tourbières en amont.

Le pont de Bessat 956 m d’altitude

A moins de 200 mètres en dessous de la source, le pont de Bessat est la première infrastructure humaine qui croise la Sioule. A ce niveau, elle commence à s’élargir.


D’environ un mètre de large, elle ne ressemble plus à un torrent mais plus à une rivière de plaine. Avec ses courants et ses calmes, on devrait pouvoir déjà y trouver des poissons.
Plusieurs tributaires venant des champs et tourbières environnants se jettent dans ce cours d’eau et viennent le grossir. Lors de ma visite, la fonte de neige débutait grâce aux premiers rayons du soleil d’hiver. Il serait intéressant que je revienne en été….


Une rupture géographique
Il est bon de noter que les ponts forment souvent une rupture de configuration d’une rivière. On observe ce phénomène surtout au niveau des petits cours d’eau.
Ainsi, suite à son passage à travers les bois, la Sioule s’apparente plus à une rivière de plaine. Elle circule dans les pâtures dans un relief moins escarpé.

Une fois encore, cette configuration se confirme au niveau du second pont en dessous du village de Bessat. A une altitude de 921 m sur le secteur de la Ribeyre.


A partir de ce point, la rivière commence à prendre les traits de la Haute-Sioule telle que les pêcheurs la connaissent. Faites de plats et de courants, elle court entre sous bois et champs.
Le « Sioulet », premier tributaire.
Un peu plus loin sur mon parcours, la Sioule est rejointe une première fois par un cours d’eau appelé « le Sioulet ». Mais ce n’est pas le même Sioulet qui celui qui se jette dans le barrage des Fades. Le terme Sioulet faire signifie « petite Sioule ». Sur d’autres cartes d’ailleurs, il est appelé le Ruisseau Sioulet.
Cette réunion se fait au fond d’une longue prairie à une altitude de 850 mètres sous le lieu dit « La Maronie »


Ce court voyage autour du lieu de naissance de la Sioule permet déjà de découvrir une multitude de facettes et de visages de cette rivière mythique.









